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Corselia Demander une démonstration

tendances 10 minutes de lecture

Que faire de vos invendus de lingerie maintenant que la destruction est interdite ?

Le carton de fins de séries qui dort en réserve depuis trois saisons n’est plus seulement un problème de trésorerie, c’est désormais un sujet réglementaire. En même temps, la demande se déplace vers des combinaisons de tailles que peu de boutiques portent, et les plateformes à bas prix continuent d’attaquer votre panier moyen. Voici comment s’y préparer.

Écrit par Jimenez Julien, publié le , mis à jour le .

Conseillère pliant des pièces de lingerie dans un carton de don posé sur une table de réserve, à côté de deux bacs de tri en carton écru

Vos fins de séries ne peuvent plus être jetées. La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire interdit d’éliminer les produits non alimentaires neufs invendus et impose de les réemployer, notamment par le don, de les réutiliser ou de les recycler.

Cette obligation vise les producteurs, les importateurs et les distributeurs. Une boutique de corsetterie qui garde trois cartons de fins de séries en réserve entre donc dans le champ, même sans entrepôt et même avec de petites quantités.

Ce qu’il faut mettre en place tient en trois choses: un tri permanent en réserve, un partenaire local pour les pièces neuves, et une trace écrite des sorties. Le reste de cet article détaille chacune, puis traite le mouvement de fond qui rend ces invendus évitables, le déplacement de la demande vers les combinaisons de tailles que personne ne porte.

L’invendu n’est plus une affaire privée

Ce que la loi anti gaspillage impose aux distributeurs

Le principe figure à l’article L. 541-15-8 du code de l’environnement, issu de la loi du 10 février 2020, dont le texte consolidé est consultable sur Legifrance, qui publie le code de l’environnement. Il interdit l’élimination des invendus non alimentaires neufs et fixe un ordre de priorité.

L’application s’est faite par étapes: d’abord les produits relevant d’une filière à responsabilité élargie du producteur, ce qui est le cas des textiles d’habillement, puis les autres produits quelques années plus tard. Pour la lingerie, la question ne se pose donc plus.

Réemploi, réutilisation, recyclage: trois voies, pas une seule

Le réemploi consiste à remettre en usage une pièce telle quelle, et le don à une association en est la forme la plus courante. La réutilisation suppose une intervention, une réparation ou un reconditionnement avant nouvel usage.

Le recyclage, lui, ne concerne que la matière: une pièce hors d’usage part vers la filière textile pour être défibrée ou transformée en chiffon d’essuyage. Ces trois voies ne s’adressent pas aux mêmes pièces, et c’est précisément ce qui rend le tri indispensable.

Organiser le don sans désorganiser la boutique

Le tri préalable entre neuf, essayé et abîmé

Un chantier annuel de tri ne tient jamais. Un bac posé en réserve, alimenté au fil de la saison chaque fois qu’une pièce sort du rayon, tient sans effort.

Trois catégories suffisent, et elles commandent la destination.

  • Neuf jamais essayé, étiquette d’origine en place: don à une association, ou reprise par la marque quand votre contrat le prévoit.
  • Essayé en cabine, propre, sans trace: don également, en signalant l’état à la structure destinataire pour qu’elle sache ce qu’elle reçoit.
  • Taché, déformé, armature percée: filière de recyclage textile, jamais le bac à ordures ménagères.

La lingerie neuve est une des rares catégories que les associations d’aide réclament en permanence et reçoivent rarement. Les structures qui accueillent des femmes en situation de précarité, en particulier, manquent de soutiens gorge et de culottes neuves dans toutes les tailles.

Le partenaire local et la trace écrite de la remise

Choisissez une structure proche et une seule, avec un interlocuteur nommé et un rythme de remise convenu, deux ou trois fois par an. Une association qui sait ce qu’elle va recevoir et quand s’organise pour le stocker.

Chaque remise donne lieu à un document écrit. Il sert votre comptabilité, puisqu’il justifie la sortie de stock, et il conditionne le bénéfice éventuel de la réduction d’impôt au titre du mécénat prévue à l’article 238 bis du code général des impôts lorsque le bénéficiaire est un organisme d’intérêt général.

La filière textile et ce qu’elle attend d’un détaillant

Qui est metteur sur le marché et qui ne l’est pas

La confusion est fréquente et coûte du temps en réunion de fédération. La contribution à la filière à responsabilité élargie du producteur des textiles d’habillement, du linge de maison et des chaussures incombe à celui qui met les produits sur le marché français, c’est à dire la marque ou l’importateur, pas à la boutique qui revend des marques ayant déjà contribué.

Une nuance vous concerne toutefois directement: si vous achetez en direct auprès d’une maison étrangère qui n’a pas de représentant en France, c’est vous qui introduisez le produit sur le marché, et la qualité de metteur sur le marché vous revient. Cette question se pose dès qu’une conseillère ramène une marque de niche d’un salon à l’étranger.

La collecte séparée des pièces hors d’usage

Ce qui relève bien de vous est l’orientation des pièces hors d’usage vers la collecte séparée, la vôtre comme celle de vos clientes. Les repères de la filière et les points d’apport sont documentés par l’Agence de la transition écologique, qui suit la filière textile.

Une cliente qui demande quoi faire de ses anciens soutiens gorge attend une réponse de votre part, pas un haussement d’épaules. Savoir lui indiquer le point de collecte le plus proche est devenu une compétence de comptoir.

La demande se déplace vers les combinaisons rares

Bonnets profonds et petits tours de dos

Le mouvement se voit dans toutes les boutiques indépendantes: des femmes arrivent en connaissant le vocabulaire, la logique de la sœur de taille et le nom des marques qui montent haut en profondeur de bonnet. Elles ont mesuré, comparé, et elles savent que leur combinaison n’existe pas en grande surface.

Ces clientes se déplacent, parfois de loin, et elles achètent plusieurs pièces quand la combinaison est juste. C’est exactement ce qu’une plateforme à bas prix ne sait pas traiter: un catalogue immense sur les tailles courantes, un désert au delà.

Formes après une variation de poids ou une intervention bénigne

La même exigence vient des clientes dont le corps a changé récemment: variation de poids, grossesse tardive, suites d’une intervention bénigne, ou modification de la posture après cinquante ans. Le volume s’est déplacé, la racine du sein a bougé, et l’ancienne référence ne tient plus.

Ces clientes ne cherchent pas une taille, elles cherchent une coupe. C’est le sujet de notre article consacré à l’accompagnement d’une cliente dont le tour de dos a changé après la ménopause, et c’est la demande la moins bien servie du marché.

Servir cette demande suppose une réserve pensée par morphologie et non par référence: savoir quelles combinaisons vous couvrez réellement, lesquelles vous manquez depuis six mois, et lesquelles vous portez sans jamais les vendre.

Seconde main, réparation et durée de vie des pièces

Ce qui se répare vraiment sur un soutien gorge

La seconde main reste marginale en lingerie, pour des raisons d’hygiène que vos clientes expriment sans détour. Le sujet utile en boutique n’est pas la revente d’occasion, c’est la petite réparation.

Quatre gestes se font en atelier ou chez une retoucheuse, pour un coût sans commune mesure avec un rachat: remplacement d’une bande d’agrafes usée, raccourcissement ou remplacement d’une bretelle, changement d’un anneau ou d’une coulisse cassée, et reprise de la coulisse d’armature quand la pointe commence à percer le tissu.

En revanche, une bande de dos qui a perdu son élasticité ne se répare pas. Le savoir vous évite de promettre l’impossible.

Le discours d’entretien qui allonge la durée de port

Le conseil d’entretien ne vous fait pas perdre de ventes, il fait revenir la cliente au bon moment et avec confiance. Quatre points suffisent au comptoir: laver en filet et à froid, ne jamais passer une pièce à armature au sèche linge parce que la chaleur détruit l’élasthanne, faire tourner au moins deux pièces pour laisser l’élastique se rétracter entre deux ports, et ranger les bonnets moulés sans les retourner.

Une pièce entretenue dure plus longtemps, mais elle a une fin. Une bande qui tient au dernier crochet, un bonnet qui plisse, une bretelle qui ne se règle plus: ce sont vos trois signaux de renouvellement, et ils arrivent à un rythme prévisible selon la fréquence de port.

Par quoi commencer dès cette saison

Trois décisions applicables avant la prochaine commande

La première est matérielle: le bac de tri en réserve et le registre des sorties, mis en place cette semaine, avec le nom de la structure destinataire déjà connu.

La deuxième est le comptage des demandes non servies, une ligne par combinaison de tour de dos et de bonnet cherchée sans succès. La troisième est un arbitrage explicite au prochain rendez vous: étendre la gamme sur les combinaisons que vous ne couvrez pas, plutôt que reprendre de la profondeur sur celles que vous couvrez déjà, comme le détaillent les règles d’affichage, d’étiquetage et d’échange applicables en boutique de lingerie pour tout ce qui accompagne ces pièces en rayon.

Ce qu’il faut mesurer pour savoir si cela fonctionne

Deux indicateurs suffisent, suivis sur deux saisons complètes. Le premier est la part de votre stock immobilisée depuis plus d’un an, en valeur d’achat, qui doit baisser. Le second est le nombre d’essayages nécessaires pour une vente, qui doit baisser également.

Si le premier baisse et le second monte, vous avez déstocké sans corriger votre assortiment. Si les deux baissent, votre réserve commence à ressembler aux femmes que vous servez.

Une contrainte qui remet la réserve à l’endroit

L’interdiction d’éliminer les invendus vous oblige à regarder ce que vous n’avez pas vendu, et c’est précisément l’information qui manquait à vos commandes. Le tri, le registre et le comptage des combinaisons introuvables forment un seul et même geste, réparti sur toute la saison.

C’est ce que Corselia cartographie en continu, stock classé par morphologie réellement servie, alertes de trous de gamme et de stock dormant par bonnet et par tour de dos. Les fins de séries cessent alors d’être une découverte de fin d’exercice.

Pour voir vos propres combinaisons dormantes et vos demandes non servies sur une seule vue, demandez une démonstration de Corselia sur votre réserve actuelle.

La même méthode, tenue cabine après cabine

Corselia reprend ce que décrit cet article et le tient à votre place : le profil d’ajustement, la plage de tailles probable marque par marque, les essayages validés et refusés, la réserve classée par morphologie réellement servie.

Portrait de Jimenez Julien, auteur de La Fiche d’ajustement

L’auteur de ce magazine

Jimenez Julien

Jimenez Julien conçoit Corselia, le logiciel d’ajustement des boutiques de lingerie et de corseterie indépendantes françaises. Il a passé des mois en cabine et en réserve, à compter les modèles décrochés du portant pour une seule vente et à relever ce que les conseillères gardaient en mémoire faute de fiche partagée.

Le parcours de Jimenez Julien et les boutiques observées

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